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Samedi 20 octobre 2007
- Décollage à 11 h 45.
- 7 h 45 de vol.
- Arrivée à 23 heures (heure locale), le décalage horaire est de 3
h 30.
Il fait 28 degrés à Delhi où nous sommes accueillis avec des colliers
de fleurs. Notre chauffeur nous conduit à l'hôtel. Ici, on roule à gauche
!
Dimanche 21
Pour cette première journée, nous partons de Delhi à 9 heures avec
Sanjay notre chauffeur, à destination d'Alsisar. En quittant la ville par la nationale
grouillante de camions, voitures et mobylettes, nous apercevons, dès les faubourgs,
des camps de tentes en plastique, couvertes de poussière, dans un environnement sordide.
Difficile pour nous de concevoir la vie dans cet endroit ! Les camps de Roms que nous avons
vus en Roumanie sont presque un luxe à côté de ça. Dans les villages,
les vaches se pavanent, tandis que les vélos, mobylettes, motos et tricycles pullulent.
Les carrioles sont tirées par des chameaux; les étals sur les trottoirs crasseux,
proposent des fruits, des volailles et toutes sortes de produits. A la pompe, des enfants
tirent de l'eau dans des cruches, que les femmes rapportent sur leur tête.
Dans un concert de klaxons, nous progressons à travers les villages, évitant
les vaches qui se baladent au milieu des voitures. Ici ou là, des taudis ouverts
sont plantés au milieu des immondices. Les bas-côtés ne sont que papiers,
plastiques, emballages vides.
Dans les petits camions, les gens sont debout à l'arrière sur le plateau ou
assis sur le toit, les motos portent plusieurs passagers. Souvent, une femme en sari est
assise à l'arrière en amazone, parfois un jeune enfant se trouve près
du guidon.
Nous découvrons de drôles de tacots à trois roues, sortes de longues
voitures souvent délabrées, n'ayant qu'une roue à l'avant, selon le
principe du tuk-tuk, mais en beaucoup plus grand, et en piteux état.
Baraques de tôle, bus déglingués, tracteurs ferraillant, gens accroupis
ou assis dans la poussière, près d'un écoulement d'eaux nauséabondes,
chèvres "Pashmina", femmes portant des ballots de foin sur la tête,
paysans travaillant dans les champs, ânes et chevaux attelés et encore des
taudis et des vaches, certaines faméliques, la plupart bien grasses. Dans les villages
où les vaches sont particulièrement nombreuses, s'entassent des monticules
de bouses séchées qui sont utilisées pour la cuisson des aliments.
Nous arrivons à 15 heures à l'hôtel à Alsisar, sans avoir mangé
à midi, car le chauffeur a cru qu'on ne prenait qu'un café ou un thé
comme les anglais. Nous avons refusé le café, pensant déjeuner après,
mais en fait c'était la pause-midi. Finalement, nous avons réussi à
lui faire comprendre la méprise par la suite. Il faut dire qu'on ne parle pas vraiment
le même anglais ! Lui, il parle anglais avec l'accent indien et en roulant les R…
Pas facile à saisir ! Nous n'avons donc pas mangé.
Vers 16 h 30, nous allons nous balader en compagnie de Sanjay, dans les
rues en terre sableuse jaune d'Alsisar. Nous visitons quelques "Havelis", anciennes
demeures de riches commerçants, peintes à la main et organisées autour
d'une cour centrale. A l'étage, des balcons sculptés dominent la cour. Nous
entrons également dans des temples abandonnés, décorés de peintures
manuelles.
Dans les rues poussiéreuses, passent les femmes en saris de toutes les couleurs.
Des hommes cousent à la machine devant un minuscule et sombre atelier de couture.
Des chameaux en colonnes défilent, majestueux, portant des touristes, un âne
attelé trottine devant nous… On a intérêt à regarder où
on met les pieds, entre les bouses, les plastiques, les papiers; la rue sert de poubelle
! Le soir, nous dînons sur la terrasse de l'hôtel, à la bougie. C'est
très agréable, les plats sont bons et le dessert encore meilleur.
Lundi 22
A 7 h 30 sous un beau soleil, nous montons en voiture. Nous nous engageons sur une route
très étroite qui traverse une zone aride. Le sol tient plus du sable que de
la terre. Une maigre végétation tapisse les champs alentour. Dans les villages,
les enfants en uniforme partent à l'école. Nous voyons beaucoup de chameaux
et de camps précaires. Les gens vivent là, au milieu des chèvres, sous
un bout de toile ou de plastique tendu sur quatre piquets.
Bizarre, la conduite ici ! Comme la partie goudronnée de la route ne permet que le
passage d'une voiture, à chaque fois que deux véhicules arrivent en sens contraire,
ils roulent jusqu'à se trouver face à face puis s'arrêtent et l'un des
deux descend le bas-côté pour laisser passer l'autre. Quand quelqu'un veut
doubler, il klaxonne. La voiture qui le précède se range alors sur le bord
et se laisse doubler. Et celle qui arrive en face, car il y en a toujours une, ralentit
elle aussi pour laisser le passage. Ici, on ne double pas quand il n'y a personne en face,
on double quand on en a envie !
Mandawa : Un peu partout, dans les rues en terre sableuse, se dressent des Havelis. Au cœur
de la ville, baguenaudent, chèvres et ânes. Les gens sont assis par terre.
Après Fatehpur, nous roulons sur une nationale à deux voies (grand luxe !)
mais très souvent occupée par des troupeaux de chèvres portant des
muselières en corde. Certaines vaches sont également muselées. La circulation
est épique. Tout le monde double n'importe comment, s'évite au dernier moment.
Heureusement, notre chauffeur est habile et évite les affrontements.
Le paysage est toujours semi-aride. Les gens marchent sur la route, les femmes en saris
portent sur la tête toutes sortes de choses. Un chameau passe avec un haut-parleur
diffusant de la musique, fixé entre sa bosse et sa tête. Peu à peu,
la terre laisse place à un beau sable jaune-ocre. Les bas-côtés sont
relativement propres tant qu'on est loin de toute vie. Mais dès qu'on rencontre le
moindre habitat, le sol est jonché d'immondices.
Nous arrivons à Bikaner à midi. La densité de la circulation est oppressante,
nous sommes enserrés entre les mobylettes et les tuk-tuk, les trottoirs sont pleins
de pneus usés à vendre, les chameaux attelés et vaches sacrées
se glissent dans ce fatras. Les charrettes à bras s'arrachent de l'imbroglio. Il
y a même des chèvres en pleine ville. L'eau usée stagne dans les caniveaux.
Un couple et deux enfants sur une mobylette, ce n'est rien d'exceptionnel ! On se demande
comment la voiture ressort indemne de cette trépidation. Nous restons bloqués
par le passage d'un train et pouvons filmer et photographier à loisir.
Nous arrivons à l'hôtel à 13 heures, dans une rue étroite en
pleine circulation. Pourtant, à l'intérieur, il y règne un calme étonnant.
Après le déjeuner, nous partons pour un nouveau bain de circulation et de
klaxons, en direction du fort. Effarant ! On se croirait tombé dans une fourmilière.
Il en surgit de partout !
La visite du fort Junagarh (16ème siècle) s'avère
fort intéressante. Protégé par un rempart en grès de 986 mètres
de long, il est doté de fort belles salles aux murs de plâtre ornés
de motifs et de miroirs. Les plafonds sont couverts de motifs colorés peints à
la main.
Après nous avoir guidé dans le fort, notre chauffeur nous raccompagne à
l'hôtel. Nous voulions retourner à pied dans le bazar, mais finalement, nous
renonçons. Les gosses nous collaient déjà aux carreaux de la voiture
cet après-midi. Dès que nous mettions un pied hors de la voiture des femmes
accouraient pour demander l'aumône. A pied, nous craignons d'être abordés
et sollicités de partout dans cette marée humaine. Sanjay a précisé
qu'il y avait des pickpockets. Trop de promiscuité, les vaches et les chèvres
qui fouillent les tas d'ordures amassées sur les trottoirs, les hommes assis sur
une couverture au milieu de la route, les mendiants (femmes et enfants), les tuk-tuk déboulant
à toute vitesse, les motos surchargées, les vélos et rickshaws, les
chameaux, les bouses de vaches sacrées un peu partout, l'eau sale et la poussière
nous dissuadent d'y retourner à pied. Nous verrons un peu plus tard dans une autre
ville, peut-être, quand nous serons habitués à ce climat oppressant.
Nous restons donc tranquillement à l'hôtel (ce qui nous arrive rarement), à
bouquiner, en attendant l'heure du dîner. L'hôtel est une ancienne Haveli qui
fait partie du patrimoine national. La décoration est d'origine, salons des années
trente, dans le goût européen. Le soir, on y mange de la cuisine végétarienne.
Elle est délicieuse cette cuisine, et dans un cadre enchanteur. Nous dînons
sur la galerie de la Haveli à quelques pas de notre chambre. La cour et les murs
sont illuminés et un joueur de flûte accompagne le repas. Après la soupe
traditionnelle, six petits plats de légumes délicieusement préparés
nous sont servis par deux garçons, qui en une espèce de ballet, se relaient
pour remplir notre assiette d'un petit peu de chaque chose. Le dessert se compose (comme
hier) de succulentes boulettes de pâtisserie baignant dans un sirop, des "gulab
jamun".
En fin de soirée, nous sortons de l'hôtel pour faire quelques pas dans la rue,
devenue plus calme à la nuit. Les vaches sont toujours là et les hommes encore
sur leur tapis, à jouer aux cartes au milieu de la rue. Un autre grand tapis est
sorti et une dizaine de femmes en saris rouges, chantent une mélopée indienne.
Elles s'interrompent à notre premier passage, mais continuent quand nous repassons
dans l'autre sens. Des fillettes ont voulu que je les prenne en photo, elles bavardent avec
moi (en anglais), en nous suivant quelques pas. Puis nous rentrons à l'hôtel.
Comme lors de notre sortie, tous les garçons d'étage, debout dans les angles
des couloirs, nous saluent. Finalement, cette rue était paisible. Mais pour une première
fois, nous ne nous sommes pas aventurés plus loin que le bout éclairé.
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