VENDREDI 18 février
Ciel bleu, temps frais en montagne.
Dès qu'on perd de l'altitude, on retrouve la chaleur et un ciel plus nuageux. Nous descendons jusqu'à Nanu Oya. Après une petite balade le long des quelques échoppes, nous attendons le train dans l'antique gare… vieux aiguillages noirs de graisse… nous déambulons au milieu des rails. Dans le bureau du chef de gare, des machines rouges, vieilles de 140 ans, évoquent le temps de l'occupation anglaise, tandis que la cloche sonne un coup de temps à autre, comme dans les vieux films. Le train arrive, archaïque et bringuebalant. Nous montons en 2ème classe (il y a trois classes, mais souvent ils ne mettent que des wagons de seconde et troisième). Des vendeurs de cacahuètes et de friandises circulent avec de grands paniers en osier. Nous passons 45 minutes dans le train au milieu de superbes paysages, vallons recouverts de thé, ruisselets, montagnes lointaines sur ciel bleu, bambous géants qui poussent de 30 cm par jour.
A l'arrivée à Talawakelle, notre chauffeur nous attend. La route serpente de nouveau vers le bas.
Sur la colline, de petites maisons ont été construites pour les pauvres. Le gouvernement leur donne 100 m² et des briques, ainsi, ils peuvent se construire une maison qui leur appartient. Au fond de la vallée, coule la rivière Kelani où fut tournée " le pont de la rivière Kwaï".
Nous croisons de jolis camions dont le châssis a été fait en Inde, et la caisse en bois, décorée au Sri Lanka.
Nous déjeunons au bord de la rivière au dessus de laquelle un pont suspendu relie les deux rives. Il fait un temps superbe. Véritablement, le mois de février est à conseiller pour visiter le pays. Il n'y fait pas encore une chaleur excessive, et ce n'est pas l'époque de la mousson.
Nous repartons vers Colombo. Comme chaque jour, des milliers d'écoliers en blanc quittent l'école à 14 h.
Dans certaines écoles, ils peuvent être 3000. Les rues sont " blanches de monde".
Une escale en chemin à Kosgama… nous parcourons le marché local qui se termine : il est 15 h. Beaucoup de poissons séchés, légumes, fruits!
Puis nous faisons halte à Homagama dans la jolie maison de notre guide. Pria nous offre thé et gâteaux. Nous feuilletons son album de photos de mariage, il nous montre aussi des photos d'un général mort dans le tsunami, en compagnie duquel il s'était rendu dans un village du nord-est, afin d'offrir des vélos aux enfants du village.
Peu après, nous atteignons Colombo. La circulation est intense. Nous déposons nos valises dans la chambre du Holiday Inn et partons faire un tour à pied tous les deux, au bord de l'océan indien.

Océan Indien

Nous avons quelques heures de temps libre. Ici à Colombo, beaucoup de gens sont habillés à l'Européenne, contrairement au reste du pays. Sur le front de mer, la moitié seulement des boutiques de nourriture à emporter sont ouvertes. Nous n'apercevons que quelques Européens, peut-être une vingtaine en tout. Les autres promeneurs sont des gens du pays.

SAMEDI 19 février
Temps chaud, ciel légèrement nuageux.
Ce matin, nous allons visiter Colombo qui est divisée en 15 quartiers. Certains sont très animés (marchés regorgeant de victuailles, surtout fruits et légumes), d'autres sont plutôt des quartiers d'affaires. On peut y voir le World Trade Center (et oui!), un ensemble de deux tours jumelles rondes toute en verre, d'une quarantaine d'étages. Les rues sont surchargées d'enseignes de magasins. Certaines artères sont consacrées au commerce de pièces de voitures : capots alignés, morceaux de carrosseries…
Nous faisons une halte au parc municipal, à la salle de l'indépendance, joli hall ouvert entouré d'une rangée de lions en pierre.
Puis ayant appris que notre hôtel était "surbooké" pour la nuit prochaine, à cause d'un congrès d'Indiens, nous allons récupérer nos valises, et nous nous dirigeons vers Mont Lavinia, au bord de l'océan, ce qui n'est pas pour nous déplaire… Passer la dernière soirée au bord de la mer plutôt qu'en ville nous plaît assez.
A midi, nous déjeunons donc sur la plage, à l'ombre d'un toit de palmes tressées. C'est un restaurant sympathique. L'océan vient mourir en rouleaux écumants sur la grève. Le ciel est bleu. La plage est vide… Plage de rêve au sable jaune sur fond de cocotier!
Nous marchons le long de la mer jusqu'à un village de pêcheurs, partiellement détruit par la vague résiduelle de 2 m environ qui a contourné l'île au moment du tsunami. Les pêcheurs reconstruisent des murets, clouent quelques planches. Des eaux vaseuses stagnent encore au pied des maisons à l'embouchure d'une espèce de rivière à sec. Ce village étant directement sur la plage, ce sont les cabanes les plus exposées qui ont été abîmées par la vague. Mais ce sont des cabanes en planches, en palmes tressées, donc peu résistantes. Au retour, nous nous rendons compte que la terrasse du restaurant d'à midi semble fraîchement bétonnée, et que l'arrière de l'hôtel, est en réfection… conséquence de la même vague. Nous sommes ici à 10 km au sud de Colombo.

Un homme marche sur la plage. Il nous montre une pirogue à balancier toute neuve, offerte par les anglais pour remplacer son bateau emporté par la mer. Un autre raconte que la vague a détruit sa maison.
Nous quittons cette zone, et allons nous promener de l'autre côté de l'hôtel. Vers 17 h, nous finissons par nous installer sur des transats en bois, à l'ombre des cocotiers pour bouquiner un peu. C'est très calme… à peine quelques personnes qui marchent sur la plage.
Ce soir, au loin, devant le village de pêcheurs, nous voyons davantage de monde, les gens du coin doivent attendre qu'il fasse moins chaud pour s'aventurer au bord de l'eau.
Dernier repas… très bon!
Dernière balade au bord de l'océan… il fait chaud, les vagues brisent, écumantes, sur les rochers et se retirent découvrant un beau sable blond, puis reviennent et se retirent encore, inlassablement.

Océan Indien

DIMANCHE 20 février
2 h du matin.
Nous venons de nous lever… Il fait très bon dans la nuit. Pria et Adit arrivent pour nous conduire à l'aéroport. Pria nous remet deux jolies boîtes de fleurs, orchidées et autres fleurs du pays. Derniers instants sur le sol sri lankais avant l'envol…

Nous avons fait 1300 km sur place…
De Paris à Colombo, il y a 8500 km.

La route du retour passe par l'Inde, l'océan indien, le golfe d'Oman, Oman, l'Iran aux sommets arides et enneigés, la Turquie sous la neige elle aussi, la mer noire, la Bulgarie, la Roumanie, l'Autriche, l'Allemagne, l'est de la France, tous sous la neige.
Tandis qu'à l'aller, on avait évité l'Iraq par le sud, en passant par l'Arabie Saoudite.
A l'arrivée à Paris (13 h 20), il neige…

 

 
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