Samedi 4 juillet

La caravane est attelée, nous partons à 9 h 30 et roulons toute la journée sous la chaleur. Après quelques courses à Valenciennes, nous passons la nuit dans la région de Frankfurt.

Dimanche 5
Nous roulons toute la journée sous le soleil et atteignons la frontière de Pologne à 16 heures. Trois heures plus tard, nous entrons dans Wroclaw avec l'espoir d'y trouver un camping pour la nuit, mais après deux heures de tours et détours dans la ville et ses alentours, nous renonçons. Aucun panneau pour signaler ce camping et même si on m'a renseigné en anglais pour le trouver, c'était très compliqué et on a tourné en rond. Finalement, nous dormons sur le parking d'un centre commercial et abandonnons l'idée de visiter Wroclaw. Nous étions prévenus que les campings n'étaient pas signalés et difficiles à dénicher, en voici un premier exemple. Heureusement, pour les prochaines étapes, nous en avons repérés plusieurs sur Internet.

Lundi 6
Dès 9 heures, nous prenons la route, direction Cracovie. Les écouteurs du MP3 sur les oreilles, je ne vois ni le temps passer ni l'autoroute défiler. Nous faisons une halte à midi à Oswiecim au camp de la mort nazi (Auschwitz et Birkenau). Pas très gai comme première visite, mais ça fait partie du passé de la Pologne. Baraques, cheminées, barbelés, miradors, rails et dans les "blocks" des montagnes de lunettes, prothèses, gamelles, bols, peignes, brosses, blaireaux, brosses à dents, boîtes à cirage et le fameux slogan d'accueil du camp "Arbeit macht frei"... une histoire maintes fois écrite, mais qui n'en reste pas moins bouleversante. Je ne vais pas raconter cette visite, je vais juste écrire un silence, soupir dans une partition triste...triste...

Le travail rend libre.

Une fois sortis du camp, nous roulons une soixantaine de kilomètres jusqu'à Makow Podhalanski, où nous trouvons un ravissant camping tout en verdure. Nous allons enfin pouvoir poser la "roulotte" et flâner plus librement sur les petites routes montagneuses. La nuit tombe à 21 heures. Nous sommes à la même heure qu'en France, mais 1500 km plus à l'est. Après la chaleur cuisante d'Auschwitz, la soirée semble fraîche. En cherchant une radio polonaise qui diffuserait de la bonne musique nous sommes tombés sur Paul Mc Cartney, et nous sommes restés sur cette station (Vox radio). Musique comme j'aime !

Mardi 7
Matinée repos... Un peu de nettoyage après ces trois jours de voyage, quelques courses, exercices de guitare à l'ombre du tilleul en fleurs qui embaume, et déjeuner dehors.
Juste après, nous partons pour un circuit dans le parc naturel Babiogorsky Park Narodowy. Dans cette région (nous sommes au sud de la Pologne), les maisons sont vastes, dotées de deux voire trois étages et couvertes de toits très pentus aux formes biscornues en tôle ondulée peinte, fibrociment ou plus rarement tuiles. Des couleurs vives égaient les façades et de temps à autre un toit bleu ou vert tranche sur le rouge franc ou brun des autres. Que ça sent bon la verdure, les arbres, l'herbe fauchée sur cette petite route qui s'élève au cœur de la montagne !

De grandes maisons.

Nous nous promenons à pied au milieu des maisons de bois du parc Orawski, une sorte de musée en plein air pour la conservation du patrimoine. Nous y retrouvons l'âme des maisons et églises en bois de Roumanie, que nous avions beaucoup aimées. Après quoi, nous continuons notre circuit en voiture. Nous sommes agréablement surpris, nous ne nous attendions pas à un habitat aussi coquet. Les maisons ont des styles très différents les unes des autres, mais toutes ont leur charme : anguleuses, arrondies, décorées de toitures multiformes, parées de balcons fleuris... On les dirait sorties d'un village de contes de fées avec leurs formes tarabiscotées.
Soirée barbecue et musique. Nous avons emporté deux enceintes d'ordinateur sur lesquelles j'ai branché mon lecteur MP3, alternative à la radio polonaise qui lorsqu'elle ne dispense pas de musique, n'est pas franchement passionnante. Nous ne comprenons rien !

Mercredi 8
Réveil sous la pluie, la montagne s'est enveloppée d'ouate grise. Nous rangeons tout et partons pour les montagnes Tatras situées à 70 km de là, un peu plus au sud encore, près de la frontière slovaque. Nous nous installons dans un minuscule camping familial clos, au bord de la rivière Zakopianka, où une douzaine de grives semblent avoir élu domicile. La pluie a cessé. Dans l'après-midi, nous allons à Zakopane chercher de la documentation sur les balades dans la région et flâner un peu dans la ville située à 835 m d'altitude. Une rue piétonne très animée attire des milliers de touristes qui déambulent entre les nombreuses boutiques, kiosques à fromages, grils, glaciers, marchands de ballons. Elle débouche au nord sur l'avenue Koscieliska bordée de superbes maisons en bois du 19ème siècle, toutes plus belles les unes que les autres. Après deux bonnes heures de marche dans Zakopane, nous rentrons à la caravane en fin d'après-midi.

Camping Ustup à Zakopane.

Jeudi 9
Se réveiller comme on s'est endormi avec le son de la rivière cascadante toute proche, voilà un plaisir délicieux. Musique naturelle omniprésente mais discrète...
Matinée studieuse ! Armés de la carte de Pologne, du Routard et de divers documents, nous dressons la liste de tous les sites que nous avons envie de découvrir, ce qui occupera environ 24 jours. Nous décidons de passer une semaine ici à Zakopane, puis 5 ou 6 jours dans la région de Cracovie, 5 ou 6 jours dans le sud-est du pays, avant de remonter par Varsovie et Poznan... Itinéraire que nous modifierons au gré de nos envies, et en fonction de la météo.
Nous commençons aujourd'hui par Siwa Polana. Un petit train touristique nous conduit à 8 km du parking, au point de départ d'un itinéraire piéton au long d'une petite rivière. L'accès à la balade est payant, comme le sont d'ailleurs la plupart des sentiers touristiques. Il fait frais, ce qui rend la marche agréable. Le chant de l'eau sautant sur les cailloux nous accompagne. Après 1 h 15 de montée, nous atteignons Chocholowska Plana, un hameau de quelques cabanes en bois, abandonnées. Un vieil homme en costume local se tient près de l'une d'entre elles. Un peu partout sur les rochers du chemin, sont apposées des plaques témoignant de la visite de Jana Pawla II (Jean Paul II).
La route du retour est plus facile, elle descend tout au long et en une heure nous regagnons le terminus du petit train qui nous ramène jusqu'au parking. A notre retour à la caravane, il se met à pleuvoir, mais nous sommes à l'abri maintenant... Soirée musique, lecture, guitare.. ce sont nos veillées-types !

Vendredi 10
Après une matinée où le soleil a joué à cache-cache avec les nuages, tandis que nous étions assis dehors à bouquiner ou écouter de la musique, le gris du ciel a fini par prendre le dessus et nous déverser une sale pluie.
Après déjeuner, nous partons en voiture pour un itinéraire qui passe par Chocholow. La pluie s'est calmée. C'est un village tout en maisons de bois clair dont beaucoup possèdent un pigeonnier au faîte de la façade. Nous marchons un moment, photographiant ici ou là ces demeures, en belles planches larges et blondes, fleuries de géraniums et entretenues avec soin. La plupart sont couvertes de toitures en tôle ondulée, en fer blanc ou en tôle façonnée en forme de tuiles plates colorées. Dès la sortie du village, on retrouve des maisons en dur aux formes tourmentées et aux toits conçus dans les mêmes matériaux.

Chocholow.

A Novy Targ, nous trouvons un super-marché. Pas facile de les repérer avec les pancartes en polonais, des tas de consonnes pour presque pas de voyelles ! Et une fois à l'intérieur, ce n'est pas évident non plus. Dans tous les pays d'Europe, je suis toujours arrivée à me débrouiller en anglais, espagnol, italien et un peu en allemand.. Même en Roumanie, langue apparentée à l'italien, je trouvais des repères, mais là franchement rien ! Et les commerçants ne parlent souvent que le polonais. Il faut chercher des jeunes pour avoir une réponse en anglais. Cela me rappelle la Russie où nous avions un mal fou à communiquer.
Après nos courses, nous rentrons à la caravane pour une soirée paisible. Avant de m'endormir, j'écoute plusieurs fois "Dans les steppes de l'Asie centrale"... C'est beau !

 

 
Page précédente Menu Journal Page suivante Accueil Pologne Recette Tourisme Vous y êtes !