Mercredi
13 juillet
Le voilier est à l'eau depuis ce matin, nous avons monté
le mât. J'ai cherché sur le bord de la route une petite
cale de bois, pour la coincer sous le mât, car le tube contenant
la vis qui sert à le hisser, est sortie de son logement.
Nous l'avons réparée, mais par sécurité,
nous avons préféré placer cette petite cale.
Il fait très chaud !
Vers 16 h 30, nous quittons Isla Canela… Une heure 45 et 8 milles
plus loin (au moteur), nous sommes au Portugal, à Vila Real
de San Antonio.
Aujourd'hui, je prends un an de plus ! Bof !
La ville est sympa, avec ses jolies rues pavées, et plein
de boutiques partout. Le port est très calme.
La nuit nous apporte un peu de fraîcheur, nous n'avons plus
que 26° dans le bateau au lieu des 31 de l'après-midi.
Bon, voilà que notre réveil est en panne ! Il n'a
pas sonné ce matin, et nous nous sommes réveillés
juste à temps pour le rendez-vous sous la grue. Mais après
démontage de l'objet, ce soir, il n'y a aucune amélioration…
Il donne l'heure, mais refuse de sonner…
Jeudi 14 juillet
Soleil et léger vent frais.
Ce matin à 5 h 15, des petites vedettes de pêcheurs ont
quitté le port. L'une d'entre elles est rentrée vers
11 heures, avec cinq superbes poissons (thons ou bonites) dont le
plus gros pesait 15 kg. A part ces vedettes, il y a très
peu de mouvement dans ce port, on y est vraiment bien !
A 14 h 30, nous partons pour la remontée du fleuve Guadiana
jusqu'à Alcoutim. Bleue au départ, l'eau devient de
plus en plus verte, avec des rives couvertes de végétation.
Le fleuve serpente dans les terres, l'eau est calme, un petit vent
rafraîchissant nous accompagne. Nous avons mis le taud de
navigation, pour avoir un peu d'ombre… une balade plaisante
au milieu des odeurs de terre chaude !
Alcoutim est sur la rive Portugaise. Juste en face, San Lucar de
Guadiana, en Espagne, regroupe ses maisons claires au bord de l'eau.
Alcoutim est un village ancien aux maisons blanches et jaunes, toute
propres. Nous dînons dans un resto qui n'a ni menu, ni prix,
mais le patron improvise un repas à notre demande pour 10
euros (à deux).
Le soir tombe sur le fleuve paisible et silencieux. Nous sommes
amarrés au pied du village, à l'unique minuscule ponton
(eau et électricité quand même). C'est bien
agréable !
A la nuit tombée, un groupe de blues emplit l'obscurité
de cette musique que j'aime.
Vendredi 15 juillet
Nous traversons le fleuve en quelques minutes pour aller faire un
tour à San Lucar. Sur le clocher de l'église, une
cigogne a établi un nid énorme, et elle monte la garde
au dessus du village.
Après quelques achats, nous entamons la descente du Guadiana,
long ruban vert qui ondule dans la campagne. Quelle paix !…
Bambous… Verdure… Peu de bateaux… Villages silencieux
et déserts écrasés de soleil… Mais à
bord, nous avons toujours un souffle d'air pour nous rafraîchir
un peu.
A midi, nous déjeunons à Laranjeiras, puis nous repartons
pour Vila Real. Beaucoup de vent et des embruns sur la rivière
! Nous aurons parcouru une quarantaine de milles, aller et retour
sur le Guadiana.
Samedi 16 juillet
Nettoyage du bateau et de l'annexe au ponton de Vila Real !
De nouveau, les vedettes de pêche rentrent avec leur cargaison
de thons de 10 à 15 kg. Il fait beau et chaud. Par contre,
l'étape de 15 milles vers Tavira sera ventée et mouillée
de gifles d'eau salée. Vent debout à 30 nœuds
presque tout au long, sous grand-voile et moteur, et vas-y que je
tape dans les vagues, de front..
Aussitôt arrivés au mouillage, rinçage à
l'eau douce, grâce à la mini-douche du bord, pour enlever
la récolte de sel qu'on a sur la peau. La lagune de Tavira
à marée basse, nous offre une symphonie de vert, de
jaune, et de bleu… végétation bordant les bancs
de sable qui émergent de l'eau.
Nous n'avons pas le courage de descendre à terre avec l'annexe,
nous restons donc tranquillement à paresser et à lire
dans le cockpit.
Dimanche 17 juillet
Après une nuit fraîche, nous quittons le mouillage
vers 10 heures. Peu de vent, au départ, mais nous pouvons
quand même naviguer sous voiles au début. Ensuite,
il nous faut ajouter le moteur jusqu'à Olhão que nous
atteindrons vers 16 heures, après une pause-déjeuner
à l'entrée de la lagune. Dix-neuf milles en 5 h 20,
ce n'est pas un record.
Le paysage est étrange. Nous naviguons dans un chenal depuis
le passage derrière les îles, et près de nous,
les oiseaux et les gens marchent, les pieds dans l'eau, tandis que
les marais et les bancs de sable se découvrent peu à
peu, avec la marée descendante.
Nous voyons beaucoup d'oiseaux, dont de nombreuses cigognes, cet
endroit est une réserve naturelle importante, comme les rives
du fleuve Guadiana, d'ailleurs.
|