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Après un séjour d'une semaine en Espagne, alors que le temps s'est dégradé,
nous décidons de passer nos derniers jours de vacances en France.
Voir le début du journal (en Espagne)
vendredi 9 mai
La météo annonce du beau temps en France. Profitons
donc des avantages de notre home ambulant et salut l'Espagne atlantique... au profit
de contrées plus ensoleillées...
Nous nous dirigeons vers le Limousin, où le temps semble clément...
A 22 heures, nous nous arrêtons sur la grande place d'Eymoutiers, quarante kilomètres
après Limoges, pour passer la nuit, et chercher demain un camping, car on n'y
voit plus rien ! |
samedi 10 mai
A 9 heures, nous nous mettons en quête d'un camping. Nous roulons dans un océan
de verdure, agrémenté de buissons de genêts fleuris. Le tendre vert
des feuilles tout juste nées, se détache sur le vert sombre des grands sapins.
Fougères naissantes et herbes fraîches habillent les fossés. La nature
fait étalage de sa palette de verts. Le soleil qui dort encore, dans son lit de nuages,
pointe à peine le bout d'un rayon.
Une heure plus tard, nous nous installons au camping de Vauveix qui donne sur le lac de
Vassivière et nous allons faire un tour dans la forêt, jusqu'à midi,
par un petit sentier qui borde le plan d'eau. Juste après le déjeuner, nous
entamons un itinéraire en voiture, qui offre de jolis coins-nature, bords de lac,
cascades, barrages et autres petits bourgs... La balade débute autour du lac aux
rives boisées. D'énormes tas de bois coupé, bordent la route qui, contournant
le plan d'eau, nous amène au barrage de Vassivière. Bientôt, nous quittons
le lac... feuillus...conifères... or éclatant des genêts...

Sur la toute petite route qui conduit à la
cascade des Jarrauds, des fruitiers en fleurs enchantent le paysage, avant que nous ne nous
glissions sous un tunnel de verdure, dans lequel les rais de lumière flirtent
avec l'ombre du sous-bois. Un geai vole devant nous, les oiseaux réjouissent la forêt
de leurs fraîches mélodies, des glycines courent sur les vieilles pierres...
Nous avançons doucement sur la route quasi-déserte, voici la voie romaine
piétonne qui mène à la cascade. C'est très plaisant de marcher
au bord du torrent dont la chanson nous emplit les oreilles, tandis que du sol, s'exhalent
des odeurs humides et terreuses. Les oiseaux lancent des trilles, le soleil enflamme l'écume
de l'eau bondissante, nous flânons longtemps, nous arrêtant tous les dix mètres,
pour une photo, une fleur, un insecte coloré...
Sur la route de Saint Léonard de Noblat, les collines moutonnantes à perte
de vue, les chevaux en liberté, le miroir lisse de la Maulde sinuant paresseusement
sous les arbres penchés vers leur reflet, les champs de genêts et les prairies
d'herbe neuve, apaisent le regard. Il n'est pas grand chose, dans ce petit coin, qui ne
soit un appel à la rêverie, les noms des lieux-dits eux-mêmes, évoquent
la douceur de vivre... Mont Larron, prieuré de l'Artige, moulin du Muraud, Boulade,
la Vialle... Notre errance nous amène à une petite pause au bord de la Vienne.
Assis sur un gros rocher plongeant dans la rivière, non loin d'un ancien moulin à
eau qui fabriquait du papier, nous regardons s'écouler à nos pieds, les eaux
bousculées par deux petits rapides qui écument à quelques pas de là.
Nous rentrons par Bujaleuf, Eymoutiers, traversant des bourgades aux maisons en pierres
de pays, serrées contre de vieilles églises et toujours de grands espaces
naturels où veaux et vaches paissent en toute quiétude.
Doucement, les ombres tombent autour de nous. Le lac face à la caravane s'assombrit
imperceptiblement. Une barque glisse en silence... Je savoure les "mémoires
glacées" de Nicolas Vanier... Soirée quiétude... une dose de cuisine
pour le plaisir du palais, une touche de lecture, un soupçon de musique... Recette
infaillible !
Dimanche 11 mai
Ce matin, nous nous dirigeons vers le plateau de Mille Vaches, pays de sources et de lacs,
avec comme objectif, le signal d'Audouze, point culminant des routes corréziennes
(938 mètres).
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Le soleil qui s'amuse avec les nuages, éclaire de-ci, de-là,
le paysage de touches riantes. On dirait un tableau de lumière, brossé
au petit matin par Dame Nature elle-même, pour le bonheur de ceux qui l'aiment.
Nous rencontrons des petits bourgs aux maisons de pierre, alignées au bord
de la route... des rivières et lacs si lisses que les arbres, sur l'eau, sont
plantés à l'envers, reflets parfaits, sans une onde, sans un trouble...
des odeurs de grands sapins à peine réveillées par la tiédeur
naissante. |
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Une fois le signal d'Audouze atteint, rien de très exceptionnel,
nous rebroussons chemin.
Il y a du subjectif dans la beauté d'un paysage. Ce qu'on a décidé
de trouver beau, l'est souvent, et si le regard sait éviter ce qui le dérange,
la photo le fait encore mieux. Points de vue différents, intentions différentes,
on peut décider de montrer le beau ou le choquant. J'ai fait le choix du beau, dans
ce voyage, ce n'était pas difficile, nous avons traversé de magnifiques régions.
Dans certains autres périples (Inde, Afrique...), ce n'est pas forcément,
ou pas uniquement ce parti que j'ai pris, mais davantage celui de la condition humaine.
Nous rentrons déjeuner à la caravane, après une belle balade sur un
minuscule sentier, dans les sous-bois qui bordent la lac de Faux-la-Montagne. C'est étonnant
comme le lac a changé depuis notre premier passage matinal, l'eau éblouie
par le soleil de midi a perdu ses douces teintes vertes du matin.

Cet après-midi, nous avons prévu de parcourir les Monts
Monédières, un circuit qui flirte avec la Vézère et les pentes
marquetées de landes, de bois et de prairies. C'est le hasard qui nous a amenés
dans le Limousin en mai, hasard heureux, car nous profitons des couleurs vives des genêts
qui partout, disputent la place aux buissons de tous les verts et parfois même, recouvrent
des versants entiers tandis que fruitiers, lilas, glycines illuminent les villages.
Cet itinéraire est moins riant que les précédents, peut-être
à cause de la lumière - le ciel s'est couvert - ou des sombres forêts
de conifères, ou des routes moins sinueuses, plus fréquentées. Il y
a bien le panorama du Suc au May qui mérite un détour, il y a bien Treignac,
que nous avons parcouru en compagnie de quelques larmes de pluie et des grondements de tonnerre...
C'est un bourg pittoresque, aux maisons groupées près de la Vézère,
un vieux pont de pierres, des églises et chapelles aux clochers couverts de petites
ardoises, de vieilles demeures flanquées de tourelles, des ruelles étroites
et pentues... Et puis, les gouttes d'eau éparses jusqu'alors, se libèrent
en une copieuse averse, juste comme nous arrivons à la voiture. Nous prenons le chemin
du retour. De la route chaude et des champs avoisinants, montent des nuages de vapeur, sous
le ciel apaisé après l'orage.

Dernière soirée ! Je termine mon septième livre...
Victor Hugo a dit "Lire c'est voyager, voyager c'est lire."Alors, moi je lis et
je voyage doublement...
Mais ce n'est pas le calme habituel... des orages de grêle s'abattent sur le camping.
Il est temps qu'on remonte en Normandie, il paraît qu'il fait beau chez nous !
lundi 12 mai
A 8 heures, sous un beau ciel azur, mais froid, nous attelons la caravane. Des bandes de
brume légère s'accrochent au lac. Sur la route, cette chape, qui estompe les
contours, s'élève bientôt pour libérer le soleil, ne laissant
ici ou là, que quelques écharpes nuageuses au creux des vallons trempés.
Jusqu'à Limoges, je ne lis pas, je me réjouis les yeux encore un peu, emportant
les dernières images si douces à la lumière du matin.
Après Limoges, ce sera la longue nationale du retour, je plongerai dans mon carton
de bouquins, à moins que je ne laisse vagabonder mes idées, tout en écoutant
de la musique...
Arrivée à 17 h 30.
Kilométrage dans le Limousin : 410 km
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