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Vendredi 28
Soleil et ciel nuageux ! Lever à 6 h 30 pour profiter d'une
grande matinée dans le parc de Rincon qui ouvre de 7 heures
à 12 heures. Nous voilà dans l'endroit ! Après
un quart d'heure de marche et le passage d'un pont suspendu, nous
rebroussons chemin devant une rivière. Pas envie de nous
mouiller les pieds ! Reprenons l'itinéraire à l'envers,
en commençant par la sortie ! Un rugissement proche !!! C'est
quoi ça ? un fauve ? Bouh ! Pas tranquilles !
Au fur et à mesure, qu'on s'éloigne, on entend d'autres
rugissement, de plus en plus lointains.
Nous marchons maintenant à découvert, au milieu des
fumerolles, bains de boue, odeurs de soufre. Deux toucans, superbes,
nous survolent. De mare bouillonnante en mares de boue, nous voilà
de nouveau devant une rivière, nous n'avons toujours pas
envie d'entrer dans l'eau jusqu'aux genoux. Demi-tour… Après
une courte averse, le soleil chauffe de nouveau.
Retour dans la forêt ! Quel foisonnement de végétation !
Il n'y a pas que les plantes épiphytes qui poussent dans
les arbres, il y a aussi des champignons, larges corolles plates,
qui s'accrochent aux branches à plus de deux mètres
du sol. De retour dans la zone du pont suspendu, un nouveau rugissement
retentit, saisissant. A quel animal appartient ce cri ?
Midi : nous reprenons la piste en ruines, vers le Pacifique. Un
gros écureuil blanc-gris traverse devant nous. Le temps de
sortir la caméra, il a filé. Après 16 km de
cahots, nous retrouvons la transaméricaine (interamerica),
un bien grand mot pour cette route pleine de trous, mais goudronnée
tout de même. La route pour atteindre Tamarindo est censée
être bitumée. En réalité, elle est encore
plus pénible que la piste, car il faut zigzaguer sans arrêt
entre les trous - les cratères, plutôt – qui
atteignent souvent 20 à 30 cm de profondeur. Un tatou traverse
la route. Quel étrange animal avec sa carapace et sa longue
queue à anneaux !

Nous arrivons à Playa Brazilito, sur le
Pacifique, plage fréquentée uniquement par les Costariciens,
quelques barques en planches au bord de l'eau, des gosses qui font
voler des cerfs-volants en papier journal et se laissent photographier
avec plaisir, ne réclamant rien en échange (le tourisme
n'a pas encore gâté cet endroit). L'océan bleu-vert
assaille la plage de ses rouleaux d'écume.
Puis nous allons à Playa Conchal. Pas grand monde sur la
plage, là aussi ce sont les Costariciens qui y viennent.
Généralement ils s'installent derrière leur
voiture, les portières grandes ouvertes, avec la musique
du transistor à fond. (On avait vu ça aussi aux Antilles.)
La vue sur les îles et presqu'îles qui s'avancent dans
l'océan est fort belle. Tamarindo est un petit village au
bord d'une belle baie bordée par une plage de sable gris
et plantée de tamariniers. Nous photographions le coucher
de soleil sur le Pacifique, notre troisième grand océan.
Le Pacifique, nous l'avions déjà aperçu à
San Francisco, mais de loin. Là nous sommes sur son rivage.
En rentrant vers l'hôtel, nous rencontrons une jolie petite
chouette perchée sur un fil électrique, et qui nous
regarde venir. Nous nous arrêtons un moment au dessous d'elle
et elle nous suit des yeux sans bouger tout le temps que nous restons
là.
126 km
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LA CARTE
Samedi 29
Des trombes d'eau sont tombées cette nuit. A 7 heures, quand
nous nous levons, c'est terminé, le ciel est couvert, mais
il ne pleut plus. A 8 h 30, nous nous mettons en route pour Ostional,
la plage où pondent des milliers de tortues entre septembre
et décembre. Aurons-nous la chance d'en apercevoir une ou
deux ? Il y a une période où elles arrivent toutes
ensemble, et le reste du temps, il s'en trouve toujours quelques
unes pour venir pondre, mais peut-être la nuit ?
La route n'est pas une route. Comme toutes les voies secondaires,
c'est une piste en terre (pour une fois pas en caillou !) pleine
de trous entre lesquels il faut serpenter. C'est épuisant
et on ne parcourt pas plus de 20 km par heure. Les rivières
charrient une eau boueue, marron, chargée de la terre entraînée
par les fortes pluies de la nuit.
La population
La population du Costa Rica est très sympathique, quand
nous demandons un renseignement, les gens se mettent en quatre
pour nous le donner; cela me rappelle la gentillesse des habitants
du Yucatan. Ils sont souriants et nous font souvent un signe
de la main, quand nous les croisons.
Les femmes ont des jupes courtes, assez souvent même des
shorts, à la ville comme à la campagne. Les jeunes
filles portent des pantalons ou des mini-jupes et des tee-shirts
décolletés.
Les enfants sont propres et bien habillés.
Les hommes, à la campagne se promènent très
souvent avec une machette, et les plus vieux mettent un chapeau
de paille. |
Nous passons à Playa Lagarto… Quelques
baraques en bois sur la plage de terre rouge, des barques retournées,
des Costariciens désœuvrés, c'est le Costa Rica
profond et authentique.
Pas un touriste en vue, à part nous !
Dans les sous-bois, quelques maisons entourent une cour carrée,
au milieu de laquelle une femme cuisine sur une espèce de
barbecue, les pieds dans la terre détrempée.
Soudain retentit un rugissement comme celui d'hier, . Nous stoppons
net la voiture. Ah, mais ce n'est pas du tout un fauve, ce sont
des singes. Il y en a toute une troupe dans les arbres; de branche
en branche, au dessus de nos têtes, ils traversent la route.
Nous restons un long moment à les regarder sauter et faire
de l'équilibre.
Voilà maintenant qu'une rivière coupe la route, avec
le 4x4 ce n'est pas trop compliqué de la franchir, mais ça
fait un drôle d'effet quand même. Et une autre encore
beaucoup plus large et plus profonde, puis une troisième
plus petite avant d'atteindre la côte…
Oh ! j'aperçois sur le bas-côté une pancarte
"Danger Reptiles !"
Nouvelle rivière dans un étroit et profond goulet
de pierres, ça craint quand même ce coin-là !
Pas étonnant qu'il n'y ait pas de touristes ! On arrive…
60 km en trois heures…
A la maison des informations, on nous dit qu'ils attendent une "arrivada"
(arrivée massive de tortues), mais quand ? Ils précisent
qu'en ce moment six à dix tortues viennent pondre chaque
nuit. Vers 17 heures, on pourrait en voir quelques petites retourner
vers la mer. C'est trop tard évidemment, il fera nuit à
17 h 30 et nous avons 3 heures de route… Et quelle route !
Nous parcourons malgré tout la plage. Les vautours creusent,
nous pensons les voir déterrer des œufs, nous les suivons,
et soudain (quelle chance !), un bébé tortue sort
du sable sous nos yeux… film… photos… nous le
protégeons des vautours jusqu'à ce qu'il gagne la
mer.
Un second bébé apparaît…re-film…re-photos…
Celui-là a du mal à atteindre l'eau, nous l'approchons
à la main, mais les vagues le repoussent, je le remets encore
dans l'eau, et grosse vague, je suis douchée, chaussures
pleines d'eau, short mouillé, la tortue est encore là,
le charognard aussi ! Cette fois, j'y vais franchement et la mets
loin dans l'eau. De toutes façons, je suis déjà
trempée. La troisième, qui est apparue un peu plus
loin, nous n'avons pas pu la sauver, les vautours avaient fini de
la déterrer avant que nous n'arrivions et ils se sont chamaillés
pour l'avaler.
| La nature
La nature est préservée, peu de papiers
ou plastiques dans la campagne et sur les routes; des pancartes
informent parfois que jeter une poubelle dans la nature est
un délit écologique. Seuls certains quartiers
de San Jose nous ont paru sales.
Les chevaux
Nous croisons souvent des chevaux. C'est bizarre, quand ils
sont montés, ils marchent en levant haut les jambes
de devant, comme s'ils dansaient. |
Après avoir mangé un casado dans
une gargote du village, nous reprenons le chemin inverse de ce matin.
En fin de journée, nous poussons jusqu'à Playa Grande,
immense plage de sable jaune (ostional, c'est du sable gris), et
restons un long moment à regarder le soleil se coucher et
le ciel rougir. Ici, c'est la plage des tortues Luth, mais pas une
en vue ! C'est un peu trop tôt dans la saison, et c'est dans
l'obscurité qu'elles viennent. La nuit tombe. Heureusement
que nous avons peu de route à faire ! Le retour n'est pas
triste avec les trous partout sur la route, les chiens qui traversent,
les piétons et les cyclistes sans éclairage, surtout
qu'à cette heure-là, il y a beaucoup de monde dehors.
Nous retournons au même restaurant qu'hier soir, et commandons
le même excellent plat de poisson, suivi d'un gigantesque
banana split.
179 km
Dimanche 30
Ciel couvert, lever à 6 h 30 pour ne partir qu'à 8 heures,
car ce matin, il n'y a pas assez de monde dans l'hôtel pour
faire un buffet, nous attendons donc une demi-heure pour qu'ils
nous préparent des pan cakes.
Piste…route cabossée… Il pleut à seaux…
Piste épouvantable après la transaméricaine,
et le bouquet.. Après 10 km de caillasse et de flaques d'eau,
on ne peut pas aller plus loin. Une femme nous dit de retourner
à la ville de Las Juntas, et de prendre la piste de droite.
On a dû rater une pancarte. Il faut dire que les routes sont
mal indiquées. Bon, cette fois, nous sommes sur la bonne
route…euh ! piste… Nous grimpons dans la pleine montagne,
caillou après caillou, trou après trou, 32 km de trampoline
avec des passages invraisemblables. Je crois bien que de tous les
pays qu'on a parcourus depuis 33 ans, on n'avait encore jamais pris
de pistes pareilles, et il y en a partout dans le pays. Vive le
4x4 ! Oh ! Un toucan perché sur une branche nous regarde
passer. Nous dominons la vallée, le paysage est magnifique,
de grands talus d'impatiens bordent ce qui sert de piste. Tiens !
Un grand tas de terre devant nous ! Il faut juste le contourner,
et en voici d'autres, envisageraient-ils de réparer la route ?
Santa Elena : Délicieuse balade à pied de 2 heures
au dessus de la canopée, sur des ponts suspendus ! On appelle
ça un skywalk. Silence, végétation foisonnante,
une biodiversité incroyable ! Quelques singes jouent au sommet
des arbres, au dessous de nous; les rôles sont inversés.
Nous sommes dans les nuages, il "pleuviotte", il pleut,
parapluie; les fougères arborescentes aussi gigantesques
qu'à La Réunion, mesurent facilement cinq mètres
de diamètre, d'autres poussent directement sur les branches,
lianes moussues, chaque mètre carré est occupé
par une multitude de plantes diverses, qui s'enchevêtrent,
se grimpent dessus, s'utilisent les unes les autres, pour essayer
d'atteindre la lumière.
Le lodge de ce soir est un ravissant chalet de montagne, extérieur
en pierres, intérieur tout en boiserie. Le village lui-même
ressemble à nos villages de montagne.
190 km
Lundi 1 novembre
Lever à 6 h 30 pour être à 8 heures dans la forêt
nuageuse de Monteverde, immense réserve forestière
très humide, constamment envahie de nuages. Nous marchons
sur un sentier dans la forêt obscure… dans le bourdonnement
des insectes… dans le silence… dans les cris d'oiseaux...
parmi les fleurs. Après deux heures de marche, nous nous
asseyons face au panorama sur la montagne. Les nuages se sont un
peu élevés, ce qui nous permet de voir plus loin,
parce que depuis ce matin, nous sommes entourés par la brume
nuageuse. Ici le silence est musique. Ah ! Enfin des rencontres !
Un couple d'oiseaux noirs avec un bec bleu vif (Pava Negra ou Black
Guan en anglais), de la taille d'une petite poule, nous accompagne
sur le chemin pendant un moment, puis surgit une énorme tarentule
orange et noire toute velue, d'une bonne quinzaine de centimètres
de longueur. Photos, film, mais prudence…
Finalement, nous avons marché 4 heures. Nous sommes imbibés
d'humidité, nuages, sueur, averses.
Vers 13 heures, nous quittons la réserve en direction de
San Jose. La piste (longue !) nous offre de belles échappées
sur la montagne avec jeux de lumière et nuages. Un arrêt-photo
devant une jolie cascade permet de nous reposer le dos des secousses
de la piste. Nous retrouvons en même temps, la chaleur et
le soleil. Maintenant, nous sommes sur la transaméricaine
mais nous n'avançons pas beaucoup plus. Nous roulons à
20 km/h derrière des camions très difficiles à
doubler, étant donné l'état de la route, et
le fait qu'il n'y a que deux voies très étroites…
Et il se met à pleuvoir à torrents !
Nous arrivons enfin dans la capitale, et faisons quelques achats
de dernière minute, un livre sur les volcans du pays, entre
autres choses.
170 km
Mardi 2
Départ de l'hôtel à 5 h 40. Nous avons même
eu la chance d'avoir un café, ce qui est rare dans les hôtels
quand on part si tôt que ça. L'aéroport se trouve
à 20 km du centre-ville. La voiture est rendue, l'embarquement
prévu à 9 h 40, mais naturellement il sera retardé,
et nous ne partirons qu'à 11 heures…
Nous survolons les territoires du sud des USA, ils sont complètement
inondés, les routes finissent directement dans l'eau. Le
ciel est très clair, et nous pouvons bien voir la terre au
dessous de nous.

Nous restons en escale à Dallas de 15 h
à 17 h 30, il n'y a pas de changement d'heure entre le Costa
Rica et Dallas.
Ensuite, une fois installé dans l'avion, nous allons attendre
2 heures que soit réglé je ne sais quel problème.
Pff ! Ras l' bol !
Nous atterrissons à Paris à 4 h 30 à nos montres,
en réalité à Paris, il est déjà
11 h 30 et il fait très doux.
Kilométrage total avec le 4x4 : 925 km
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